Quand la tempête économique souffle, les garanties traditionnelles s’envolent comme des
fétus de paille. En période de crise, de restructuration ou de prévention des difficultés, seule une
digue tient bon : la fiducie-sûreté. Pourquoi est-elle l’outil de survie indispensable ?

En droit des affaires, la « protection du débiteur » est un dogme puissant. Lorsqu’une entreprise
dépose le bilan, la loi gèle les dettes et paralyse les créanciers. C’est nécessaire socialement,
mais c’est un cauchemar pour celui qui a prêté l’argent. C’est ici que la fiducie change la donne.

L’Insaisissabilité : Le Super-Pouvoir

Contrairement à une hypothèque ou un nantissement, la fiducie ne porte pas sur un bien du
débiteur. Elle porte sur un bien qui a été transféré hors du patrimoine du débiteur. Nuance
cruciale.

Si l’entreprise fait faillite, le liquidateur judiciaire ne peut pas saisir le bien fiduciaire. Il
n’appartient plus à l’entreprise ! Il est « sanctuarisé » chez le fiduciaire. Pour un créancier
(banque, fonds d’investissement, fournisseur stratégique), c’est la seule garantie qui permet de
dormir sur ses deux oreilles, même si l’emprunteur vacille.

« New Money » et Conciliation : L’Atout Maître

En période de conciliation ou de mandat ad hoc, lorsqu’une entreprise cherche de l’argent frais (« New
Money ») pour survivre, les prêteurs sont rares. Ils ont peur. Qui prêterait à une entreprise au bord
du gouffre ?

Réponse : Celui qui a une fiducie.
Grâce à cette sûreté, un prêteur acceptera d’apporter les fonds vitaux, car il sait que même en cas
de procédure collective ultérieure, son « gage » est intouchable. La fiducie devient alors un outil de
sauvetage de l’entreprise.

« La fiducie ne sert pas qu’à protéger les banques ; elle permet aux entreprises en difficulté de
trouver le cash vital qu’on leur refuse partout ailleurs. »

Conclusion Stratégique

En temps de paix, la fiducie est un confort. En temps de guerre économique, c’est une nécessité. Chez
Bensaid Avocats, nous accompagnons les entreprises et les créanciers dans la mise en place de ces
boucliers juridiques, pour transformer le risque en opportunité maîtrisée.